Le cheval

Et le cheval longea ma page.

Il était seul, sans cavalier,

Mais je venais de dessiner

Une mer immense et sa plage.

Comment aurais-je pu savoir

D’où il venait, où il allait ?

Il était grand, il était noir,

Il ombrait ce que j’écrivais.

J’aurais pourtant dû deviner

Qu’il ne fallait pas l’appeler.

Il tourna lentement la tête

Et, comme s’il avait eu peur

Que je lise en son coeur de bête,

Il redevint simple blancheur.

Maurice Carême

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